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Les principales figures de rhétorique

By Siegfried HAACK

Pour qu’un discours ou une prise de parole en public soit réussi, il est important d’avoir du style. C’est ce qui différencie un bon orateur d’un piètre orateur.

Ce sont les figures de style ou figures de rhétorique qui permettent d’enrichir ainsi votre discours en utilisant un langage tantôt imagé, tantôt rythmé, ou répété si besoin.

Pourquoi utiliser les figures de rhétorique ?

Les figures de rhétorique sont des procédés d’expression qui s’écartent du langage populaire. Elles permettent de différencier notre façon de parler, de modifier autant le sens ou l’expressivité des mots.

Depuis l’Antiquité, les figures de rhétorique existent. Les sénateurs romains étaient devenus maitres dans l’art oratoire, à l’image de Cicéron qui est encore aujourd’hui considéré comme un orateur extraordinaire.

Les figures de rhétorique se distinguent ainsi en figures de mots : métaphore, synecdoque, métonymie, catachrèse, etc.

Les effets de sens dépendent du contexte dans lequel ces mots sont employés.

Pourquoi utiliser les figures de style dans un discours ?

Mais, quoi qu’il arrive, l’emploi des figures de rhétorique a 2 objectifs :

  • Susciter un sens au 2nd degré (exemple avec l’ironie, la litote, etc.) ;
  • Viser un effet d’instance (exemple avec la question oratoire, l’hyperbole, etc.).

Il faut remarquer qu’une figure de rhétorique se combine souvent avec une autre.

Par exemple, une périphrase peut utiliser une métaphore, ou bien une antithèse s’élabore sur une hyperbole.

Les 8 principales figures de rhétorique

Voici une liste non exhaustive des principales figures de rhétorique très utilisées en art oratoire.

  1. La comparaison

Cette construction comporte 3 éléments, à savoir le comparé, le comparant et l’outil de comparaison.

 Par exemple, Netflix est comme le cinéma à domicile.

  • La métaphore

Ce procédé est très utilisé en poésie puisqu’il consiste à utiliser une image sans outil de comparaison.

Ici, on dirait : Netflix, le cinéma à domicile.

  • La personnification

Avec cette figure, on évoque une idée ou une chose sous les traits d’une personne, d’un animal ou d’un dieu.

Exemple : les branches de l’arbre hurlaient sous l’action du vent.

Le procédé stylistique de la personnalisation
  • L’allégorie

C’est la représentation concrète d’un élément relativement abstrait.

Exemple : Marianne représente notre République française.

  • La litote

Ici, on cherche à atténuer le sens d’une phrase ou d’une intention en disant le moins d’éléments. On utilise souvent une tournure négative.

La litote comme procédé humoristique

On retrouve la litote comme procédé ironique ou cynique. C’est pourquoi c’est une figure de style très prisé dans l’humour noir.

Exemple : Je ne vous hais point (= je vous aime) ou encore « c’est pas faux » (= c’est vrai).

  • L’euphémisme

Cette figure de style est une sorte d’atténuation pour ne pas blesser ou pour dissimuler une idée déplaisante.

On confond souvent l’euphémisme avec la litote ou encore avec la périphrase

On utilise souvent l’euphémisme dans des thématiques légèrement tabous comme la justice, la mort, la guerre, le sexe ou encore le handicap parfois.

Exemple : Monsieur Untel nous a quittés (= il est décédé).

De même, on ne dit plus « aveugle », mais « mal voyant », etc.

  • La synecdoque

Procédé stylistique méconnu, il permet d’exprimer la partie pour le tout, ou encore le genre pour l’espèce ou la matière pour un objet.

Par exemple : mon vélo a crevé (= c’est le pneu techniquement). Ou encore, « hier, je suis monté sur les planches » (pour évoquer une scène de théâtre).

  • L’oxymore

Ce procédé rhétorique — qui s’utilise au masculin — est une sorte d’antithèse au sein d’un groupe nominal ou d’une expression. On rapproche concrètement deux termes de sens opposé.

Exemple : un silence assourdissant ou une folie douce.

L'oxymore comme figure de rhétorique

L’art du débat

By Siegfried HAACK

Savoir plaire, émouvoir et convaincre, telles sont les forces de l’art du débat et de la prise en parole en public plus largement. Aujourd’hui encore, ces 3 piliers de l’art oratoire n’ont pas changé.

Mais comment se lancer dans l’art du débat ? Quelles sont les bases ?

Les principes de l’art du débat

Dans un débat se construisent et se déconstruisent les théories et les opinions. C’est aussi une opportunité merveilleuse de mettre à l’épreuve vos pensées afin d’en connaître la vraie valeur et de lever le voile sur leurs forces, mais également sur leurs faiblesses.

Le débat, c’est une sorte de jeu noble et élégant dans lequel vous faites preuve d’un esprit élevé, d’un esprit capable de discerner le vrai du faux et de communiquer avec aisance.

Ainsi, en choisissant de vous lancer dans l’art du débat, vous décidez de défendre vos arguments et vos idées, vous vous confrontez à votre propre capacité à convaincre.

Les principes de l'art du débat

Le débat est le lieu où s’échangent les idées. Il n’est donc pas question d’avoir raison, même si le principe majeur est de tenter de convaincre en cas de désaccords.

A proprement dit, le débat ne doit pas être vu comme un affrontement avec un gagnant et un perdant. Au contraire, c’est un espace d’échange et de discussion où chacun exprime clairement ses opinions, dans le respect de l’autre.

Vous devez vous mettre en condition de telle sorte à être prêt à enrichir votre point de vue en découvrant des idées différentes et en remettant des idées ou stéréotypes tout faits.

Comment se lancer dans l’art du débat ?

Saisir chaque occasion

La première chose à faire pour vous lancer dans l’art du débat est… tout simplement de vous jeter à l’eau.

En effet, tout débat est bon à prendre.

Que ce soit entre amis, en famille, avec des collègues ou des clubs ou associations dédiés, vous allez pouvoir faire vos armes, construire et déconstruire les idées et théories.

Ne pas hésiter à se lancer pour débattre

Vous allez pouvoir mesurer où vous vous situez, quel est le degré de votre aisance, etc.

Remarquez que les personnes qui ne sont pas à l’aide pour argumenter se tournent généralement vers la facilité, en privilégiant la force voire la violence (verbale) parfois.

Maitriser le ton

En règle générale, un débat est un moment où nos émotions, nos sentiments, nos ressentis, mais également notre patience et notre capacité à réagir sont mises à rude épreuve.

En période de stress, nous allons plus facilement hausser le ton, parler d’une voix plus aiguë ou plus forte.

Il faut apprendre à conserver un ton neutre et apaisé, à garder votre sang-froid.

Apprendre à maîtriser le volume de sa voix

Concrètement, le ton de votre voix peut vous trahir et ainsi provoquer l’ascendance de votre « adversaire » dans un débat public.

Ne tombez pas dans l’énervement ni dans la vulgarité.

Laisser chacun s’exprimer

C’est véritablement un conseil à prendre très au sérieux.

Impossible d’avoir une conversation si personne ne s’exprime pleinement.

Restez toujours attentif à ce que disent vos interlocuteurs. Une écoute attentive et active permet de rebondir sur les propos.

Chacun doit s'exprimer lors d'un débat

Utiliser un vocabulaire précis

Plus vous allez argumenter avec des mots justes et bien choisis, plus vous allez marquer les esprits. Vous parviendrez alors à convaincre.

Les mots ont un pouvoir.

N’hésitez pas à mélanger les termes en employant des données chiffrées, des arguments verbaux, en citant des théories et en utilisant un vocabulaire adapté et précis.

Cela évitera que l’on réemploie vos mots ou qu’on les retourne contre vous.

Schopenhauer ou L’art d’avoir toujours raison

By Siegfried HAACK

Philosophe allemand du XIXe siècle, Schopenhauer a aimé évoquer les questions de la cognition, de la métaphysique, de l’esthétique, mais aussi de la morale et de la religion.

Dans son livre L’art d’avoir toujours raison, la question de la rhétorique revient au centre des préoccupations.

Voici les 5 clés du livre de Schopenhauer.

Ne confondez pas véracité et validité d’une thèse

Dans ce que le philosophe allemand appelle la dialectique éristique, on parle de l’art de la controverse. C’est une forme de discussion où l’on utilise tous les moyens à notre disposition pour tenter de montrer que l’on a raison, même si ce moyen paraît loufoque ou sophistiqué.

Il arrive, en effet, qu’un argument traditionnel ne suffise plus à remporter la conviction d’un auditoire.

Mais cela ne signifie pas nécessairement que la thèse est fausse, ou qu’elle soit erronée.

Cela signifie simplement que votre argumentation échappe à l’interlocuteur de manière temporaire.

Dans les faits, les rôles s’inversent et votre adversaire donne l’impression d’avoir raison alors qu’il a objectivement tort.

N’argumentez pas avec tout le monde

Cela peut paraître évident ou triste selon la situation où l’on se trouve.
Mais Schopenhauer l’affirme : « sur 100 personnes, il est possible qu’il y ait une ou deux personnes tout au plus dignes qu’on discute avec elles ».

Ne pas argumenter avec tout le monde

L’argumentation et la controverse sont bénéfiques dans le sens où elles permettent de vous corriger et de se créer de nouvelles idées.

Mais, pour cela, il est nécessaire que les deux « adversaires » soient sur la même longueur d’onde sur le plan intellectuel.

Il existe 2 méthodes pour argumenter

Schopenhauer expose 2 méthodes d’argumentation, qu’il nomme « Ad hominem » et « Ad rem ».

Comment argumenter selon Schopenhauer ?

Dans la méthode « Ad rem », vous devez démontrer que la thèse de l’autre n’est pas en accord avec ce que sont les choses objectivement.

Dans la méthode « Ad hominem », vous devez démontrer que la thèse de votre interlocuteur va à l’encontre de ses propres affirmations.

Vous le mettez ainsi face à ses propres contradictions.

Il ne s’agit alors plus d’une vérité objective.

Les deux styles de réfutation

Dans le même esprit, le philosophe allemand émet l’hypothèse de 2 styles de réfutation : l’approche directe et l’approche indirecte.

Dans la méthode directe, votre réfutation attaque la thèse de votre interlocuteur dans sa base en montrant par A + B que les fondements sont faux ou que les conclusions tirées sont impossibles.

L’autre méthode, dite méthode indirecte, consiste à attaquer la thèse de votre adversaire sur ses conséquences en démontrant qu’elles sont totalement impossibles, irréalistes ou infondées.

Apprenez à cacher votre jeu

C’est l’un des points forts du livre L’Art d’avoir toujours raison de Schopenhauer.

Quand vous souhaitez tirer une conclusion, il est essentiel que votre adversaire ne voie pas où vous voulez en venir.

Apprenez à cacher votre jeu quand vous argumentez !

Il ne doit pas s’attendre aux prémices de votre discours. Vous devez toutefois vous arranger pour tout de même les lui faire admettre une par une, sans en avoir l’air.

Si votre adversaire lit d’avance votre jeu, il n’hésitera pas à s’y opposer de toutes ses forces. Vous perdrez alors le contrôle de votre argumentation.

Comment construire une argumentation efficace ?

By Siegfried HAACK

Quel que soit votre champ d’activité, quelle que soit votre mission, il est toujours difficile de se lancer à l’aveuglette dans un débat sans nécessairement connaître les tenants et les aboutissants.

Savoir répondre au célèbre « QQCOQP » — essayez de le prononcer à voix haute sans sourire — permet d’ores et déjà d’abord votre argumentation de manière construite.

Les bases avec QQCOQP

L’expression mnémotechnique QQCOQP va vous servir de boussole pour élaborer votre argumentation.

Voyons ensemble comment cela se définit dans les faits.

Qui — définir votre cœur de cible

Avec le qui, vous allez déterminer un besoin spécifique pour construire votre argumentation et définir un cœur de cible précis.

Avec ce premier point, vous gagnez en efficacité en montrant que vous vous préoccupez des besoins de votre interlocuteur ou de vos clients au lieu de démontrer votre savoir-faire.

Si votre discours est trop vague, vous n’allez convaincre personne.

En ciblant votre cœur de cible, vous vous différenciez sur le marché et pouvez identifier les bons arguments pour convaincre.

Quoi — définir votre proposition

Cela concerne votre sujet, votre proposition. De quoi allez-vous parler ? Le « quoi » décrit en quoi votre produit/service diffère des autres.
C’est grâce à cette description que votre prospect/visiteur/client va acquérir votre produit plutôt que celui d’un autre.

Bien déterminer votre propos dans votre argumentaire

Imposez un message fort, différenciant, positif.

Comment — un langage simple

Quels que soient votre activité et votre domaine d’expertise, votre langage doit rester le plus clair possible, le plus concret et le plus explicite.

Le but n’est pas de faire étalage d’un jargon technique et de déployer tous vos arguments, mais surtout d’éveiller la curiosité chez vos interlocuteurs.

Cela vous aidera à répondre de manière détaillée et limpide aux objections et aux questions éventuelles.

Où et quand — Ouvrir le débat

Dans votre argumentation, n’oubliez jamais d’ouvrir le débat, de poser des questions ouvertes. Enfin, concluez votre discours par un appel à l’action (call-to-action).

Savoir quand et où ouvrir le débat pour construire une argumentation

Vous pouvez aussi présenter un diagnostic de la situation, donner rendez-vous à une date ultérieure avec votre client, réaliser un devis le cas échéant, etc.

Pourquoi — répondre aux attentes de votre public

Pour gagner en efficacité et être le plus percutant possible, votre argumentation doit répondre aux besoins de votre auditoire.

Ne perdez pas leur attention en commençant par une simple présentation de votre produit et en enchainant les éléments techniques.

Au contraire, apprenez à faire un pitch, à présenter un projet, à raconter une histoire. Faites du storytelling pour intégrer votre public dans votre argumentation.

Il est essentiel, aujourd’hui, de replacer votre interlocuteur/client au cœur de votre discours.

Autres conseils pour construire votre argumentation

  • Développer, expliquer et illustrer votre argumentation : employez des connecteurs logiques (de plus, en outre, car, en effet, puisque, pour que, etc.) pour mettre en valeur la structure de votre discours.
  • Faire appel aux sentiments et à la raison du destinataire : employez une ponctuation expressive pour rendre le dialogue plus vivant et toucher davantage le public. Utilisez des figures de style qui frappent l’imaginaire de votre auditoire ou qui rythme votre argumentation.
  • Prendre en compte le point de vue de l’interlocuteur : en évoquant le point de vue de l’autre, vous renforcez votre argumentation. Montrez que vous écoutez attentivement ce que l’on vous dit.
  • S’adresser au destinataire : parlez directement à votre destinataire (avec le vouvoiement) pour l’impliquer dans votre discours.
S'adresser au sentiments et à la raison du destinataire

Discours pour une occasion spéciale

By Siegfried HAACK

Les occasions spéciales comme les mariages, les anniversaires ou encore les pots de départ en entreprise par exemple sont autant d’opportunités pour mettre à profit votre savoir en matière de rhétorique, de discours, de prise de parole en public.

Voici quelques-uns de mes conseils pour mettre toutes les bonnes cartes de votre côté.

Les différentes introductions

Se lancer dans un discours, que ce soit en famille ou dans la sphère professionnelle pour une occasion spéciale, doit toujours être préparé en amont.

Si certains décident de préparer un plan, d’autres décident d’avoir quelques fiches auprès d’eux pour ne pas perdre le fil de leur discours.

Toutefois, s’il y a un point que vous ne devez pas manquer à mon sens : c’est l’introduction de votre discours.

Soigner l'introduction de son discours

Vous devez être en mesure de capter d’emblée votre audience grâce à une introduction efficace et appropriée, dynamique, enjouée et pertinente.

Voici 3 types d’introduction à utiliser en fonction de l’événement spécial auquel vous participez :

  • La personnalisation : vous devez construire votre discours et votre introduction comme si vous vous adressiez à chaque auditeur, comme si vous parliez personnellement à chacun. Cela va participer à l’impliquer dans votre discours. « Mesdames et messieurs (ou cher “X”), vous faites partie de ceux qui… ». N’oubliez pas d’alterner entre le « je » et le « nous ».
  • L’idée marquante : votre discours doit commencer par une idée forte, une idée frappante, voire presque choquante. Évidemment, lors d’une occasion spéciale comme un mariage ou un anniversaire, il est important de choisir le sujet de son discours. Enfin, surveillez le vocabulaire utilisé.
  • L’interrogation : pourquoi ne pas commencer à interpeller votre public, les invités du mariage, ou le principal concerné lors d’un anniversaire ? « S’il vous était possible de… ? » ou encore « As-tu déjà pensé à… ? ». Vous sollicitez ainsi l’attention et la responsabilisation de votre ou vos interlocuteurs.

Réussir votre discours lors d’une occasion spéciale

Le mariage ou l’anniversaire est souvent l’occasion très particulière où vous pouvez prendre la parole et faire passer un message.

C’est l’opportunité de rappeler à votre interlocuteur à quel point il ou elle est spéciale à vos yeux. De même, c’est aussi le moment de faire part de vos sentiments.

Voici quelques conseils avisés pour réussir votre discours lors de ces occasions si spéciales.

Trouver le bon moment

Alors, si votre discours est bien rôdé, si vous savez de quoi vous allez parler, si vous avez bien réfléchi au ton à adopter, alors peut-être ne vaut-il mieux pas attendre avant de vous lancer dans votre discours !

Trouver le bon timing pour faire un discours

Choisissez ce moment en fonction de l’humeur de l’assemblée.
Cela peut être avant l’ouverture des cadeaux pour un mariage ou entre la poire et le fromage dans un repas de famille.

S’adapter à votre audience

Que ce soit pour un membre de votre famille, proche ou non, pour un ami ou pour un collègue, vous devez adapter votre discours en fonction de votre auditoire.

Il est toujours malvenu de se lancer dans des anecdotes personnelles qui risquent de gêner le public. Sans oublier le principal intéressé.

Gardez votre propos audible de tous, ne faites pas trop long.

Adapter votre texte pour votre prise de parole.

Et n’oubliez pas une chose : les blagues les plus courtes sont toujours les meilleures.

Ainsi, il en va de même pour un discours d’anniversaire, de baptême ou de mariage.

Les grands orateurs dans le monde du « business »

By Siegfried HAACK

Du général de Gaulle à Malraux, en passant par l’Abbé Pierre ou encore Steve Jobs pour le secteur tech, les grands orateurs ont toujours su porter les mots très hauts.

Avec eux, une très belle conférence vaut tous les spectacles. Non seulement ils savaient transmettre leur message, mais ils ont porté l’exercice oratoire au rang de l’art.

Les grands orateurs business d’aujourd’hui

Alors que les Américains sont devenus les champions du discours avec leurs célèbres « keynotes », les Français savent également enthousiasmer un public.

Que ce soit au sein d’une entreprise, lors d’une conférence, en quête d’un « team building », ce que l’on appelle les « motivational speakers » sont devenus des conférenciers professionnels.

Ils possèdent des discours extrêmement bien rôdés, répétés et mis en scène.

Ainsi, aux États-Unis, des hommes et des femmes comme Tony Robbins, Tim Ferriss, Robert Kiyosaki, Gary Vaynerchuk, Éric Thomas, Zig Ziglar, Susan Ward, Les Brown, Michelle Phillips, Stephen Covey entre autres sont de véritables stars du discours enthousiasmant et positif.

Grand orateur Gary Vaynerchuk

Et, en France, nous avons aussi nos orateurs de renom : Philippe Gabilliet, Philippe Boulanger, Denis Adjedje, Michael Aguilar, mais aussi des femmes comme Murielle Hermine, Marie-Laure Brunet ou encore Virginie Guyot.

Ces listes ne sont, bien entendu, pas exhaustives.

Un vrai conférencier, expert de l’art oratoire, répond à 4 exigences :

  • Son expertise dans son domaine ;
  • Sa passion pour son sujet ;
  • Une demande identifiée d’une entreprise ou d’une association par exemple ;
  • Inscrit dans un marché solvable : en effet, son intervention est facturée plusieurs milliers d’euros selon le temps de la conférence.

Les 3 secrets des grands orateurs dans le milieu « business »

Se montrer passionné

Comme le dit Larry Smith, « la passion est ce qui vous aide à créer la plus haute expression de votre talent ».

La passion est un état de transe. Dès lors, elle s’empare de vous quand vous poursuivez des activités qui sont profondément significatives, non seulement pour vous, mais aussi pour votre auditoire.

Tony Robbins ou la passion de l'art oratoire

Pour inspirer les autres, vous devez montrer que vous êtes passionné par votre sujet et que cela vous rend enthousiaste.

Raconter une histoire

C’est ici mon domaine de prédilection, à savoir le storytelling.

Et, comme Carmine Gallo le résume bien : « une histoire n’est qu’un ensemble de données équipées d’une âme. »

Maîtriser le storytelling

Comme l’imaginait Aristote à son époque, faire passer un message passe par 3 phases essentielles.
On retrouve l’ethos (le fait d’adresser vos valeurs), le logos (les bases logiques de votre argumentation) et le pathos qui est la connexion émotionnelle.

Toutefois, une histoire qui reprend 65 % de pathos, 25 % de logos et 10 % d’ethos est parfaite. Elle devient le véhicule parfait pour faire passer un message.

Apprendre toujours

Lors d’une prise de parole en public, vous devez toujours être dans un état apprenant.

Cette faculté d’apprendre quelque chose de nouveau permet à votre cerveau de relâcher de la dopamine.

Cette hormone transforme le plaisir de découverte en excitation et apporte indéniablement une émotion positive.

Les grands orateurs sont toujours en situation d'apprendre.

Cependant, plus vous formulez votre argumentation de manière novatrice, mieux votre public s’en souviendra.

Il suffit de prendre l’exemple d’Elon Musk pour vendre sa vision d’un futur fascinant.

Discours et diplomatie

By Siegfried HAACK

Se montrer diplomate est tout un art. On comprend aisément l’importance du choix des mots, de l’articulation des phrases et de la syntaxe. Dans un discours qui se veut diplomate, vous devez considérer deux dimensions, à savoir l’utilisation d’une langue qui permet de communiquer et une dimension plus politique qui s’adresse aux spécialistes qui peuvent décrypter votre message.

Mettre de la diplomatie dans votre discours

D’après mon expérience et mes diverses interventions en entreprise, je me suis rendu compte que la diplomatie utilisait une sorte de code verbal qui dessinait les contours d’un discours très particulier.

Il est important ainsi d’orienter votre discours autour de 3 points importants.

Le choix d’un vocabulaire moins direct

En effet, le choix des mots, mais aussi la communication non verbale ou encore votre intonation sont autant de points essentiels pour donner un ton diplomate à votre discours.

S’adapter à votre public

Pour gagner une communication plus souple et plus diplomate in extenso, il est primordial d’avoir un discours diplomate.

Concrètement, cela signifie pratiquer l’écoute active, c’est montrer de l’intérêt et du respect à votre auditoire.

Observation, reformulation et synchronisation sont autant d’axes importants à prendre en compte.

Conserver le contrôle de soi

Pour éviter les dérapages et pour vous sortir de situations difficiles, il est crucial d’apprendre à gérer vos émotions, votre impulsivité éventuelle grâce à la communication positive.

Conserver la maitrise de soi dans un discours

C’est l’occasion de faire le distinguo entre les faits, de séparer l’affectif des opinions.

Conseils pour parler avec diplomatie

En tant que manager, responsable, chef d’équipe, leader, dirigeant, il est important de motiver vos collaborateurs et vos clients.

Le discours, c’est souvent le moment où vous devez faire des annonces, où vous devez mettre en avant les points positifs tout en n’oubliant pas de souligner les points à améliorer.

Pour que votre message passe en douceur tout en restant le plus percutant possible, user de diplomatie est essentiel.

Que vous deviez créer un environnement plus positif sur votre lieu de travail, que vous souhaitiez booster les performances de vos équipes ou encore résoudre un conflit, la diplomatie est l’ingrédient essentiel à intégrer dans votre discours.

Voici quelques conseils pour mettre un peu d’eau dans votre vin tout en gardant le cap.

Apprenez à choisir vos mots avec soin

Les mots ont un pouvoir et un poids. Il convient, en bon orateur que vous êtes, de les maîtriser, car leur portée peut être plus forte que vous ne le pensez.

Choisir ses mots pour mêler diplomatie et discours

Demandez-vous si votre propos est vrai, s’il est utile. Utilisez toujours des phrases à la 1ère personne pour décrire vos pensées et vos opinions.

Ne cherchez pas à deviner la pensée de votre public.

Adaptez votre style de communication

Essayez de toujours connaître votre public, tout du moins ses intentions, avant de faire passer votre message.

Cela vous assure d’être bien entendu et d’être compris.

Restez ouverts aux nouvelles idées

Dans un discours diplomate, vous devez avant toute chose faire preuve d’ouverture d’esprit.

Montrez que vous ne prenez pas de décision tout seul, que vous êtes à l’écoute des points de vue des uns et des autres.

Montrer un esprit d'ouverture dans son discours.

N’hésitez pas à les remercier le cas échéant pour qu’ils se sentent à l’aise en votre présence.

Affirmez-vous

Être diplomate, c’est savoir dire les choses comme elles sont sans vous montrer trop direct (voire agressif) pour autant.

Utilisez vos propres mots et votre langage corporel pour faire passer votre message.

Parlez lentement, avec aplomb, en regardant votre public dans les yeux, en vous montrant souriant.

Réussir votre prise de parole : les fondamentaux

By Siegfried HAACK

Prendre la parole en public, qu’elle soit dans le cadre privé ou professionnel, est souvent vécu avec fierté, mais aussi avec plus ou moins d’appréhension.

Moment riche en émotions de toutes sortes, la prise de parole requiert une certaine préparation en amont, mais aussi de savoir centrer votre message et partager vos sentiments.

Voici quelques-uns de mes conseils pour réussir votre discours en public.

Surveillez votre tenue

Même si l’habit ne fait pas le moine, il n’en demeure pas moins que la première impression — qui est toujours visuelle — a une sacrée importance.

Il est impératif de paraître professionnel, présentable et finalement crédible.

Mettre une tenue sobre pour prendre la parole

La difficulté est de ne pas vous faire passer pour quelqu’un d’autre.

Pensez à ce que votre tenue véhicule comme message.

Ensuite, choisissez des vêtements dans lesquels vous êtes confortable, des modèles relativement classiques, mais qui offrent une liberté de mouvement.

Une couleur foncée apporte une certaine sobriété et « oblige » votre public à mettre l’accent sur ce que vous dites et non sur votre apparence.

Structurez votre prise de parole

Pour réussir votre prise de parole en public, je vous recommande de ne pas improviser, surtout si vous en êtes à vos débuts en la matière.

Ne négligez pas de rédiger une sorte de script au préalable avec les points principaux à évoquer. Mais ne rédigez pas l’intégralité de votre discours dans le but de l’apprendre par cœur (votre prise de parole semblera fade) ou de le lire (la spontanéité et l’échange avec le public s’évanouiront).

Structurez vos idées dans votre discours !

Évoquez dès le départ les principaux axes de votre discours et développez-les puis résumez-les.

Simple, efficace.

Et puis, dans la continuité de ce qui précède, pourquoi ne pas préparer quelques fiches ?

Elles servent de filet de sécurité, atténuent la pression et le stress.

Entraînez-vous pour prendre la parole !

C’est l’une des clés pour prendre la parole en public, même pour une occasion particulière et unique.

Répétez votre discours, entrainez-vous devant un miroir, devant des amis, n’hésitez pas à vous enregistrer en vidéo.

C’est l’occasion ainsi de voir ce qui fonctionne et ce qu’il faut corriger, autant sur la verbalisation de votre message que sur le langage non verbal.

C’est peut-être l’occasion de découvrir s’il existe un club Toastmasters actif dans votre région. C’est une organisation qui dispense des cours sur le leadership et sur la prise de parole en public.

Pensez à votre langage corporel

Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais quand vous parlez, vous bougez vos mains, vos pieds, votre tête.

Et, prendre la parole en public est source de stress et d’adrénaline à la fois. Cela va se traduire sur votre corps : mains qui cachent le visage, bras croisés, regards fuyants, etc.

Maîtrisez son langage corporel.

Pour soigner tous les aspects physiques de votre présentation, apprenez à contrôler votre gestuelle. Et, renvoyez ainsi un sentiment d’optimisme et de confiance à votre auditoire.

Apprenez à poser votre regard

Enfin, dernier conseil avisé s’il en est, pensez à poser votre regard quand vous vous exprimez publiquement.

Il n’est pas nécessaire de regarder chacun de vos auditeurs dans les yeux. Gardez davantage un regard levé et éloigné de vos prises de notes autant que faire se peut.

Poser son regard pendant une prise de parole

En accrochant le regard de quelques personnes, vous leur laissez le sentiment d’être plus proches de vous. Il se sentiront plus concernés par ce que vous dites.

Dans ce cas-ci, pensez à repérer 3 ou 4 personnes dans votre audience et balayez votre regard sans insistance.

Les plus grands discours de l’histoire

By Siegfried HAACK

Est-ce que ce sont les grands hommes qui font les grands discours ? Ou inversement ? Toujours est-il que voici une liste non exhaustive des plus grands discours de l’histoire.

Gandhi (1931)

Ardent défenseur pacifiste d’une Inde qu’il désirait indépendante, Mahatma Gandhi s’est lancé en octobre 1931 dans un discours mémorable dans lequel il offre une fantastique tirade sur la spiritualité.

Un magnifique exemple de l’art oratoire qui n’a pourtant pas ému le 1er ministre anglais d’alors, Winston Churchill.

Churchill (1940)

En se montrant d’une franchise extraordinaire, Winston Churchill prend la parole 3 jours après sa nomination à la Chambre du Parlement, en pleine 2nde Guerre mondiale.

Dans ce discours mondialement connu, il ne promet que « du sang, des larmes, de la transpiration et de la fatigue ».

Ainsi, plus de 60 ans après, l’homme fut tout de même élevé au rang du « plus grand Britannique de tous les temps » selon la BBC.

Se montrer franc et dire la vérité peut se révéler payant.

Roosevelt (1941)

S’adressant au peuple américain quelques jours après l’attaque de la base américaine de Pearl Harbor, le président Franklin D. Roosevelt marque l’entrée des États-Unis dans la 2nde Guerre mondiale en indiquant que ce jour fera « date dans l’infamie ».

De Gaulle (1958)

Alors que la guerre d’Algérie bat son plein, le président français Charles de Gaulle dans son discours depuis Alger lance sa phrase aussi énigmatique que célèbre « je vous ai compris ».

Cette allocution provoquera des désillusions dans les deux camps. La guerre d’Algérie prend fin en mars 1962 avec les accords d’Evian.

JFK (1961)

John F. Kennedy, au moment de son discours inaugural en 1961, a su démontrer qu’il était un très grand orateur.

Le grand discours de JFK

Et, faisant appel au sens civique de son peuple, il leur demande de s’interroger non pas sur ce que l’État peut faire pour eux, mais sur ce qu’ils peuvent faire pour leurs pays.

Un discours motivant, inspirant.

Martin Luther King (1963)

Le célèbre « I Have a dream » est l’un des exemples majeurs en matière d’élocution et d’art oratoire.

Discours iconique de Martin Luther King

En plein combat pour les droits civiques, le pasteur américain commence son discours historique en reliant son combat à l’un des principes fondateurs de la Constitution des États-Unis.

Nelson Mandela (1964)

En 1964, Nelson Mandela est condamné à 37 ans de prison pour sabotage du régime de l’Apartheid en Afrique du Sud.

Discours de Nelson Mandela

Il exprime librement ses idéaux, de manière pacifiste en se montrant contre toute action violente.

À sa sortie de prison, en 1990, l’Apartheid sera enfin terminé. Mandela devient alors le 1er président noir d’Afrique du Sud.

Barack Obama (2008)

Plus près de nous, le dernier discours date d’un des plus grands orateurs de son temps : celui de Barack Obama.

Ses slogans « Yes we can » et « Change we can believe in » le font entrer comme le digne successeur de Kennedy.

La force de l'art oratoire chez Barack Obama

Réaliser un grand discours

Devenir un grand orateur n’est pas donné à tout le monde.

Toutefois, les discours historiques cités précédemment ont tous des points en commun que je me permets de vous dévoiler :

  • L’orateur est décontracté ;
  • L’utilisation de phrases simples et des phrases courtes ;
  • La capacité à s’adresser aux autres sur un mode personnel ;
  • Le contact visuel avec tout l’auditoire ;
  • L’ajout d’une touche d’humour ;
  • Le succès d’une « chute », d’une conclusion dans le discours.

Comment écrire un discours ?

By Siegfried HAACK

Si vous voulez construire et écrire un discours convaincant, il est important de mettre en avant vos arguments. Toutefois, se réduire à cela ne suffit pas. Il est essentiel d’articuler votre pensée autour des points essentiels suivants : l’accroche, l’introduction, l’image et l’argumentaire.

Ainsi, voici mes recommandations pour parfaire la rédaction de votre discours, quel que soit le champ d’activité.

L’accroche

La première chose à penser dans la préparation et la construction de votre discours est d’attirer la curiosité, de capter l’attention.

Que l’on travaille dans la vente, que l’on doive faire un speech d’acceptation ou de remerciement, que l’on doive motiver ses équipes, il est essentiel que votre auditoire « accroche » à ce que vous allez dire et le plus rapidement possible.

Accrocher le public avec un discours

Comment faire ?

Plusieurs méthodes se présentent à vous :

  • Surprendre avec un chiffre : « savez-vous que l’on dort moins de 7 heures en moyenne ? »
  • Interagir avec votre expérience : « je vais vous demander de fermer les yeux et d’imaginer… »
  • Concerner avec une affirmation surprenante : « demandez-vous si… » ;
  • Raconter une histoire, débuter votre storytelling : « Untel travaille dans tel domaine depuis 6 ans et puis, un jour… »

Cette accroche dans votre discours permet immédiatement à votre public de se retrouver au milieu de votre conversation.

L’introduction

Dans cette idée, nous savons que tout le monde n’est pas prêt à être bousculé quand il vient écouter un discours. Chacun vient avec ses expériences, son vécu, ses connaissances, ses croyances, son éducation.

Préparer son introduction pour écrire un discours

Il importe que vous ayez en tête, dès le départ (et pourquoi ne pas les énoncer à voix haute ?) 2 idées maîtresses que vous souhaitez faire passer.

Cependant, au-delà de ce chiffre, le public risque de perdre le fil de votre storytelling.

Dès lors, vous allez pouvoir adapter votre langage en fonction du message à délivrer grâce à un vocabulaire adapté (jargon technique si vous faites face à des experts, par exemple) et surtout fluide.

L’image

Vous connaissez sûrement la citation suivante de Confucius : « une image vaut mille mots ».

Le pouvoir de l'image dans un discours réussi

Ainsi, dans votre discours, intégrez également cette idée pour accrocher votre public. Vous devez illustrer votre propos.

Par exemple, l’utilisation de métaphores avec un vocabulaire adapté à la situation et au champ d’expertise de votre public vous sera grandement utile.

Les arguments

Vous y êtes. Voici le cœur de votre discours.

Maintenant, votre auditoire est prêt à vous écouter. Vous pouvez avancer des données chiffrées, donner des références, montrer des résultats d’études.

Le public saura raccrocher toutes ces notions et vous, vous pourrez consolider vos arguments.

Ecrire un discours : soigner sa sortie

Enfin, un discours maîtrisé et réussi ne se résume pas à l’introduction et à un étalage de vos arguments.

Il est primordial de soigner votre sortie, de terminer votre discours avec classe et panache.

Soigner sa conclusion dans un speech

D’une part, vous laisserez une impression positive et optimiste.

D’autre part, c’est l’occasion de faire un rapide bilan de votre discours. Vous pouvez reprendre les principaux points et vous assurer que le message est passé.

En conclusion, ce sera alors le moment parfait pour laisser une porte ouverte à d’éventuelles questions et à un échange avec votre auditoire.

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